Le Mans a cru en lui
Mais la joie mancelle n’a pas vraiment eu le temps de s’exprimer sur la pelouse, contrairement aux fumigènes. La rencontre a été interrompue et n’a finalement pas repris, laissant un goût d’inachevé. Lucas aurait préféré conclure autrement : « Il restait deux minutes.
Une fois que les jets de projectiles se sont arrêtés, avec mes coéquipiers, on voulait reprendre le jeu et on espérait que l’arbitre siffle la fin, mais il a préféré ne pas prendre de risque. » Dans ce contexte tendu, les joueurs ont aussi fait preuve de retenue : « On ne voulait pas fêter ça sur le terrain, par respect pour Bastia. Une descente, ce n’est jamais agréable… » En revanche, dans les vestiaires, ça a été la grande fête d’une saison renversante.
Il y a des carrières qui avancent en ligne droite et d’autres faites de virages et de détours avant de trouver la lumière… Celle de Lucas Bretelle a basculé en quelques mois. En janvier, l’ancien joueur du FC Rueil-Malmaison quittait La Louvière, club de D1 en Belgique, après une première partie de saison gâchée par une fracture de la malléole. C’est alors que Patrick Videira, entraîneur du Mans déjà intéressé l’été précédent, est revenu à la charge pour convaincre l’ancien Rueillois. « J’ai eu un peu de chance. Il y a eu des blessés au Mans et ils ont recherché un milieu. Je n’avais joué qu’un seul match en Belgique et il m’a fait confiance », raconte Lucas. Douze rencontres et deux buts plus tard, Lucas s’est imposé.
“Rueil; c’est ma maison”
Le Mans lui a offert ce que la Belgique ne lui avait pas apporté : un cadre, un rôle clair, de la confiance et un vestiaire chaleureux. « C’est la première fois que je vis une intégration comme ça. Le groupe est fantastique. On peut sortir entre nous, et ça se fait naturellement ! », se réjouit-il. C’est sans doute ce qui rend cette montée si particulière : elle raconte une rédemption. Sous contrat pour encore un an avec Le Mans, où il se sent pleinement épanoui, Lucas Bretelle voit désormais s’ouvrir devant lui des perspectives immenses. « En début de saison, si on m’avait dit ça, j’aurais eu du mal à le croire. Il y a un an, j’étais en 3e division. » De Rueil à la Ligue 1, cette histoire a une résonance particulière. « Pour moi, Rueil, c’est ma maison. J’ai fait toutes mes classes au FCRM. Mes parents y habitent toujours et j’y retourne régulièrement », affirme-t-il. Aux jeunes qui rêvent d’une carrière en pro, il ne promet pas une route facile. Il sait trop bien qu’elle ne l’est jamais. Il parle de travail, d’ambition, de patience, de ces moments où rien ne va et qu’il faut traverser quand même. « J’ai envie de leur dire de croire en eux. Il faut avoir de l’ambition et travailler en cohérence. C’est la clé. »