Lorsque la loi le prévoit, un délit peut être sanctionné par une ou plusieurs peines complémentaires. Ces peines peuvent prendre plusieurs formes :
Une interdiction (par exemple, l’interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation)
La déchéance, l’incapacité ou le retrait d’un droit (perte du droit de vote, incapacité de gérer une société, suspension du permis de conduire, etc.)
Une injonction de soins
Une obligation de faire (par exemple, obligation d’avoir un suivi socio-judiciaire )
L’immobilisation d’un bien (par exemple, l’immobilisation d’un véhicule)
La confiscation d’un bien
La confiscation d’un animal
La fermeture d’un établissement
L’affichage de la décision de justice.
Ces peines sont directement liées au délit commis.
Exemple
L’auteur de violences ou de blessures involontaires encourt des peines complémentaires telles que l’interdiction de porter une arme soumise à autorisation, la suspension du permis de conduire, la confiscation de véhicules.
L’auteur d’un vol encourt des peines complémentaires telles que l’interdiction de ses droits civiques, civils et de famille (exemple : droit de vote), l’interdiction de séjour sur le territoire français, l’interdiction de détenir une arme soumise à autorisation.
Même si ces peines sont prévues par la loi, c’est le tribunal correctionnel qui décide de prononcer, ou non, la ou les peines complémentaires applicables à la personne condamnée.
Pour certains délits, cette juridiction est dans l’obligation de prononcer certaines peines complémentaires, sauf si elle rend une décision motivée. Par exemple, sauf décision motivée, la peine d’inéligibilité doit obligatoirement être prononcée pour certaines infractions telles que les violences, la discrimination ou l’escroquerie.
À savoir
Le tribunal correctionnel qui condamne l’auteur à une peine complémentaire peut l’assortir d’un sursis simple, sauf s’il a prononcé une confiscation, la fermeture d’un établissement ou l’affichage de la décision.
En savoir sur les peines complémentaires les plus répandues
Les peines complémentaires les plus prononcées sont les suivantes :
Interdiction d’émettre des chèques pour une durée de 5 ans
Interdiction d’utiliser une carte bancaire pour une durée de 5 ans
Confiscation d’un bien, notamment celui qui a servi à commettre l’infraction
Confiscation de l’animal qui a servi à commettre l’infraction ou sur lequel elle a été commise
Interdiction des droits civiques, civils et de famille (droit de vote, éligibilité, droit de témoigner devant la justice, etc.), pour une durée de 5 ans
Annulation du permis de conduire
Suspension du permis de conduire
Interdiction temporaire de conduire certains véhicules
Interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation
Interdiction de détenir un animal pour une durée de 3 ans maximum
Interdiction d’exercer une fonction publique ou professionnelle, de manière définitive ou pour une durée de 5 ans
Interdiction du territoire français pour les étrangers y compris les ressortissants d’un pays de l’Union européenne, définitive ou de 10 ans maximum. En cas d’incarcération, cette interdiction s’applique dès la sortie de prison
Fermeture d’un établissement
Affichage ou diffusion de la décision de justice aux frais du condamné. L’affichage ou la diffusion de la décision ne peut comporter l’identité de la victime qu’avec son accord, celui de son représentant légal ou de ses ayants droit
Sanction-réparation
Suivi socio-judiciaire (qui peut être assorti d’une injonction de soins).