À la mémoire de Joséphine…depuis 200 ans

Le 29 mai 1814, l’Impératrice Joséphine s’éteint à la Malmaison. La situation politique de l’époque rend le funèbre événement compliqué à gérer pour la municipalité. Un mausolée à sa
mémoire sera toutefois édifié en l’église Saint-Pierre-Saint-Paul, qui deviendra un haut lieu historique et touristique de Rueil.

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La mort de Joséphine à Malmaison le 29 mai 1814 plonge la municipalité, dirigée par le maire, Léonard Bertin, dans l’embarras : comment rédiger l’acte de décès sans mentionner le nom de l’Empereur ? Napoléon a en effet abdiqué quelques semaines auparavant, le 6 avril, et est en exil sur l’île d’Elbe. Aussi, le décès n’est déclaré à la mairie que le 2 juin, le matin même des obsèques. Celles-ci sont célébrées à midi en l’église Saint-Pierre- Saint-Paul, suite l’autorisation délivrée par le ministre de l’Intérieur. Le cortège funèbre, mené par les deux fils d’Hortense, Napoléon-Louis et Louis-Napoléon, est composé de souverains étrangers, de maréchaux, de sénateurs, de préfets, de maires et d’ecclésiastiques. Pourtant, il n’en sera fait aucune mention dans les documents du conseil municipal… Après l’office, le cercueil ainsi que deux boîtes de vermeil contenant le cœur et les entrailles de Joséphine sont déposés dans un caveau provisoire au sein de l’église. Du provisoire qui va durer… L’année suivante, Eugène se retire en Bavière et Hortense vit en exil au château d’Arenenberg, en Suisse. Ils n’ont pas abandonné pour autant leur projet d’ériger un monument à la mémoire de leur mère. En 1820, une lettre de leurs représentants le rappelle d’ailleurs au conseil municipal, qui y consent à la majorité et transmet son accord au ministre de l’Intérieur. Lequel réclame toutefois le plan détaillé de la construction.

DEUX RENTES EN CONTREPARTIE

Le projet avançant, les deux enfants de Joséphine demandent au conseil municipal, le 24 juin 1821, « une portion de la chapelle Saint-Nicolas pour y élever un mausolée à la mémoire de “Madame Joséphine” », à la charge pour [eux] de créer des fondations pieuses au profit des pauvres ». La contrepartie consistera en deux rentes de 400 francs pour la trésorerie de la fabrique et le bureau de bienfaisance de Rueil afin, comme le stipule l’ordonnance de Louis XVIII du 26 novembre 1821, « de faire célébrer les services religieux demandés par les donateurs, qui sont autorisés à faire construire à leurs frais, dans la chapelle Saint-Nicolas de ladite église, un monument sépulcral à la mémoire de leur mère, avec cette seule inscription “À Joséphine, Eugène et Hortense”, dans les formes et proportions conformes au dessin qui a été présenté ». Après de longues délibérations, il est décidé que le monument sera en marbre blanc, couvert d’une voûte plein cintre ornée de rosaces, avec quatre colonnes ioniques de 4 mètres de
haut le supportant. Placée au sein de cette imposante structure, la statue de l’Impératrice la représentera en costume de cour, dans une attitude de prière évoquant la posture qu’elle prit lors du sacre à Notre-Dame de Paris, selon le souhait d’Eugène.

LA TRANSLATION DU CORPS

La première pierre est posée le 13 juin 1822, en présence du nouveau maire de Rueil, Jean d’Herbès. Mais la construction traîne. Décédé le 21 février 1824 à Munich, le prince Eugène n’en verra pas la fin. Ce n’est que le 27 septembre 1825 qu’une petite annonce, parue dans Le Constitutionnel, informe de l’exhumation de la dépouille de Joséphine le lendemain. La translation du corps a lieu au terme d’un service religieux. Puis l’ouverture sous le socle
du monument est murée. Au décès d’Hortense en 1837, son fils Louis-Napoléon (futur Napoléon III) fera édifier en 1846, selon son souhait, un monument dans la chapelle faisant face au tombeau de sa mère Joséphine.