Le juge des tutelles doit être saisi par une requête. Elle doit être accompagnée d’un certificat médical rédigé par un médecin inscrit sur une liste établie par le procureur de la République. Le juge procède à des auditions et des mesures d’instruction (exemple : enquête sociale…). Il prend ensuite un jugement.
À savoir
L’avocat n’est pas obligatoire dans cette procédure.
Si vous prenez un avocat et que vous avez de faibles ressources, vous pouvez demander à bénéficier l’aide juridictionnelle. Dans ce cas, l’État prend en charge tout ou partie de vos frais de justice.
Vous pouvez également demander la désignation d’un avocat commis d’office.
Obtenir le certificat médical
Il faut au préalable faire constater l’état des facultés de la personne à protéger par un médecin agréé par le procureur de la République.
Le du médecin agréé est obligatoire sinon la demande est irrecevable.
À savoir
Le coût du certificat médical est de 192 € .
La liste des médecins compétents peut être obtenue auprès du greffe du tribunal de la résidence de la personne à protéger.
À savoir
Certains tribunaux diffusent la liste des médecins habilités sur leur site internet.
Préparer et déposer la requête
Le juge des tutelles est saisi par une requête. Elle doit comprendre l’identité de la personne à protéger et de ses proches ainsi que l’objet de la demande et le nom de son médecin traitant s’il est connu.
Le formulaire suivant peut être utilisé :
Requête en vue d’une protection juridique d’un majeur (habilitation familiale ou protection judiciaire)
La requête doit être accompagnée des documents suivants :
Certificat médical circonstancié
Copie intégrale de l’acte de naissance de la personne à protéger
Copie (recto-verso) de la pièce d’identité de la personne à protéger
Copie (recto-verso) de la pièce d’identité de la personne qui fait la demande
Documents ou renseignements, dont le demandeur à connaissance, sur la situation personnelle et financière de la personne à protéger.
Des documents supplémentaires peuvent être demandés afin de renseigner le juge sur la santé de la personne à protéger, sa situation familiale (mariage, enfant…), ou sur un acte urgent (par exemple en cas de vente d’un bien immobilier). Ces documents peuvent être les suivants :
Copie du contrat de mariage ou de la convention de Pacs de la personne à protéger
Copie du livret de famille de la personne à protéger
Certificat médical établi par un médecin inscrit sur la liste du procureur de la République attestant de l’impossibilité pour l’intéressée de s’entretenir avec le juge
Copie de la pièce d’identité et d’un justificatif de domicile de la personne désireuse de remplir les fonctions de personne habilitée
En cas de volonté de vendre un bien immobilier, au moins 2 avis de valeur de ce bien
Lettres des membres de la famille acceptant cette nomination (un modèle de lettre est disponible).
Le dossier doit être transmis au juge des tutelles auprès du tribunal judiciaire ou du tribunal de proximité de la résidence de la personne à protéger.
Être auditionné par le juge
Personnes auditionnées
Le juge entend les personnes suivantes :
Personne à protéger. Toutefois, le juge peut, après avis du médecin agréé, décider de ne pas l’auditionner si cela peut nuire à sa santé ou si elle ne peut pas s’exprimer.
Personne qui demande à être habilitée (son audition est automatique)
Proche(s) de la personne à protéger, si le juge l’estime opportun. Il peut aussi recueillir l’avis des membre de la famille en leur adressant un questionnaire.
Avocat(s)
Procureur de la République, si nécessaire.
Déroulement de l’audition
L’audition par le juge des tutelles a lieu dans un des lieux suivants :
Elle se déroule en chambre du conseil, c’est-à-dire sans public. Toutefois, la personne à protéger peut se faire accompagner de la personne de son choix avec l’accord du juge.
Le juge peut entendre la personne à protéger en présence du médecin traitant ou de toute autre personne si cela lui paraît nécessaire.
Pour son audition, la personne à protéger a droit à l’assistance d’un avocat. Elle peut choisir son avocat ou demander la désignation d’un avocat commis d’office. Dans ce cas, la désignation de l’avocat commis d’office doit intervenir dans les 8 jours de la demande.
Un procès-verbal d’audition est dressé et classé dans le dossier.
À noter
En plus des auditions, le juge peut décider d’une mesure d’instruction soit à son initiative, soit à la demande des parties comme une enquête sociale ou des constatations par toute personne de son choix (par exemple un acte de commissaire de justice).
Le juge s’assure de l’accord des proches ou, au moins qu’ils ne sont pas opposés à cette mesure. Il étudie la situation au vu des pièces et informations du dossier sans pouvoir procéder à des investigations pour rechercher des membres de la famille.
Accès au dossier
Consultation
Le dossier peut être consulté au greffe par le demandeur et la personne à protéger (ou leurs avocats).
Si la demande émane du majeur à protéger, le juge peut décider d’exclure des pièces si elles peuvent nuire à son état psychique (certificat médical, courrier…).
Il peut aussi être consulté par les proches et leurs avocats. Dans ce cas, la consultation est possible sur autorisation du juge et en justifiant d’un intérêt légitime (un frère ou une soeur qui n’aurait pas été consulté par exemple).
Il n’y a pas de recours en cas de refus de consultation.
Copie du dossier
L’avocat de la personne à protéger peut demander copie de tout ou partie de la procédure. Il ne peut pas communiquer ces pièces à la personne à protéger, ni à un tiers.
À savoir
À compter de la décision, une copie d’une ou plusieurs pièces du dossier peut être délivrée à la personne protégée ou à la personne habilitée sur autorisation du juge. Il faut justifier d’un intérêt légitime. Il n’y a pas de recours en cas de refus.
Prendre connaissance de la décision du juge
Le juge doit prendre sa décision dans un délai maximum de 1 an à compter de sa saisine.
Une audience en chambre du conseil est prévue à laquelle les personnes suivantes sont convoquées :
Le juge peut décider de prononcer sa décision le jour de la convocation à cette même audience ou à une date ultérieure.
Décision
Le juge peut décider de rendre une des décisions suivantes :
Décision accordant l’habilitation familiale générale ou spéciale (limitée à un ou plusieurs actes) avec désignation de la ou des personne(s) habilitée(s), l’étendue et la durée de l’habilitation familiale
Rejet de la demande d’habilitation familiale
Mesure de protection judiciaire (sauvegarde de justice, curatelle ou tutelle) si l’habilitation familiale ne lui parait pas suffisante.
Notification
La décision est notifiée aux personnes suivantes :
Personne protégée ainsi qu’à son avocat (si elle en a un), sauf si le juge indique par décision motivée que cette notification peut nuire à sa santé.
Personne habilitée
Membres de la famille (ascendant, un descendant, frère, sœur, conjoint, partenaire de Pacs, concubin) , si le juge l’estime nécessaire.
Procureur de la République sous forme d’avis adressé par le greffe.
Comment contester la décision ?
L’appel se fait par déclaration faite ou adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception au greffe du tribunal qui a pris la décision.
L’avocat n’est pas obligatoire.
Il doit être formé dans les 15 jours qui suivent sa notification.
Le point de départ du délai d’appel varie selon les situations suivantes :
Pour les autres personnes, le délai débute à partir du jour où le jugement a été rendu, même si elles ne reçoivent pas de notification officielle.
Pour le procureur de la République, le délai court à compter de l’avis qu’il reçoit du greffe.
Attention
Seul le demandeur peut faire appel d’une décision refusant la mise en place de l’habilitation familiale.
La décision s’applique immédiatement, même en cas d’appel.