L’avertissement pénal probatoire, anciennement appelé rappel à la loi , prend la forme d’un entretien d’avertissement suivi d’une période de mise à l’épreuve .
Conditions de mise en place
L’avertissement pénal probatoire peut être mis en œuvre par le procureur de la République si l’infraction reprochée est un délit ou une contravention.
À noter
La mesure ne peut pas être utilisée si les faits commis sont des violences ou constituent un délit contre une personne dépositaire de l’autorité publique ou investie d’un mandat électif public.
L’auteur des faits peut bénéficier de cette mesure alternative aux poursuites uniquement s’il reconnait avoir commis l’infraction qu’on lui reproche et s’il n’a pas d’antécédents judiciaires. Un récidiviste ou une personne ayant déjà fait l’objet d’une condamnation non amnistiée ou réhabilitée ne peut pas bénéficier de l’avertissement pénal probatoire.
En revanche, si l’auteur mineur a besoin d’un suivi éducatif, la mesure n’est pas possible.
À savoir
Si l’auteur est mineur, ses représentants légaux sont convoqués et donnent leur accord sur la mise en place de la mesure.
La mesure d’avertissement est possible uniquement si la victime de l’infraction obtient réparation de son préjudice. Cette réparation doit avoir eu lieu avant l’entretien d’avertissement ou bien être une mesure supplémentaire s’ajoutant à l’avertissement pénal probatoire.
Entretien d’avertissement
L’avertissement pénal probatoire est un entretien réalisé par le procureur de la République ou un délégué du procureur de la République.
L’objectif de l’entretien est de rappeler à l’auteur d’une infraction ce que dit la loi et les peines qu’il encourt pour ne l’avoir pas respectée.
Il peut être assistée par un avocat au cours de cet entretien. En cas de ressources insuffisantes, il peut demander à bénéficier de l’aide juridictionnelle.
Lorsque l’infraction a causé un préjudice à une personne, l’auteur des faits doit prouver qu’il a indemnisé la victime de l’infraction avant l’entretien. Si ce n’est pas le cas, l’avertissement pénal probatoire doit obligatoirement être associé à une mesure de réparation du préjudice de la victime.
Période probatoire
À compter de la notification de l’avertissement s’ouvre une période probatoire. Il s’agit d’une période pendant laquelle l’auteur des faits ne doit pas commettre une nouvelle infraction.
Ce délai est de 1 an en cas de contravention et de 2 ans en cas de délit.
Si la personne commet une nouvelle infraction pendant la période probatoire, le procureur de la République doit réexaminer sa décision concernant l’infraction initiale. Il peut confirmer sa première décision, remplacer l’avertissement pénal probatoire par une composition pénale ou par des poursuites devant une juridiction pénale.
La nouvelle infraction commise peut être la même infraction ou être une infraction différente.
Si la réparation n’a pas eu lieu, le procureur de la République peut décider de poursuivre l’auteur des faits par la mise en œuvre d’une composition pénale ou le faire juger.