Sport : Maëlisse Monteiro dans la “lutte” des grandes

Championne de France 2026, la jeune lutteuse du RAC s’apprête à franchir une nouvelle étape en intégrant l’Insep. À 19 ans, Maëlisse Monteiro se rapproche petit à petit de l’équipe de France. Nous l’avons rencontrée lors d’une séance d’entraînement. ▶ Ben Scred

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Attends-moi ! » Il est 18h15 dans le gymnase du Vert-Bois et, avec Maëlisse, mieux vaut suivre le rythme. La musique résonne déjà. Aux côtés de Sébastien Croix, le président du RAC Lutte, la jeune lutteuse installe les tapis, déplace le matériel, ajuste les derniers détails et prépare la séance. Ici, c’est aussi chez elle : « Je suis tout le temps là. C’est ma maison. À part les études, je suis ici. »
Dans quelques jours pourtant, son quotidien s’apprête à changer. À partir de ce mois-ci, Maëlisse poursuivra son entraînement à l’Insep, où l’attend une nouvelle étape dans sa progression vers le haut niveau. « On va entrer dans le monde ‘’pro’’ !
Je serai partenaire d’entraînement des lutteuses de l’équipe de France. J’ai hâte. Je n’ai qu’une vie, je veux en profiter ! »

Les championnats de France

Son aventure avec la lutte a commencé neuf ans plus tôt, presque par hasard. En 2017, alors que les Championnats du monde se disputent à Paris, son frère Mattéo, qui regardait les rencontres à la télé, décide de pousser la porte du RAC Lutte. À l’époque, il pratique le judo. Il emmène sa petite sœur : « Il m’a dit “Viens essayer.” Je l’ai suivi. » Depuis, elle n’est jamais repartie…
En mars dernier, à Mulhouse, Maëlisse dispute les Championnats de France. Deux combats, deux victoires face à des adversaires de moins de 20 ans qu’elle décrit comme « très combatives ». La lutte peut se gagner aux points, par un écart de dix points, ou encore en immobilisant son adversaire sur le dos. « C’était en finale. Personne ne s’y attendait parce que c’est une technique compliquée à placer : l’adversaire sait la défendre. Ça a marqué ma victoire. » Le geste a été filmé. Elle a pu le revoir par la suite, avec le plaisir d’observer après coup ce qu’elle avait réussi à l’instant, sans vraiment avoir le temps d’en prendre la mesure.

À la même enseigne que les garçons

« Son style passe beaucoup par le haut du corps, les tirades de bras, avec des techniques qui rappellent la lutte gréco-romaine. Mattéo, lui, attaque les jambes, explique Sébastien Croix. Devenu champion d’Afrique sous les couleurs du Cap-Vert, il poursuit
ses études et son entraînement dans une université américaine mais reste licencié du RAC Lutte pour les compétitions nationales. » Et Maëlisse d’ajouter : « Mon frère me conseille mais mes entraîneurs, ce sont Ivan et Florian. »
Au club, les séances mêlent cardio, explosivité et répétitions. « Ici, je suis logée à la même enseigne que les garçons, et ça me plaît », poursuit-elle. Ivan dit avoir toujours vu chez elle « beaucoup de potentiel », mais surtout « une force, une ténacité naturelle et un gros mental ». Florian, lui, estime qu’elle a « le potentiel pour aller chercher des places » au niveau international.

Le plaisir comme priorité

Le titre de championne de France ne résume pas à lui seul le chemin parcouru. Il y a eu le lycée, le bac, les semaines où la lutte occupait une place immense et celles où Maëlisse avait le sentiment de ne plus avancer. « Je sentais que mon niveau stagnait. Je me demandais comment progresser. Parfois, je n’avais plus envie, mais je n’ai rien lâché. » Il y a eu aussi les blessures, la fatigue et la crainte de se blesser à nouveau. « La lutte sollicite énormément le corps. C’est exigeant et fatigant. Il faut apprendre à l’écouter. » Un épisode de déprime a également changé sa façon d’aborder les choses.

À 19 ans, elle dit relativiser davantage et se sentir plus solide mentalement : « Je pars du principe que je peux ne plus être là demain. Alors je fais chaque entraînement comme si c’était le dernier. Avant, j’étais très stressée en compétition, aujourd’hui, je les aborde différemment. Le plaisir est devenu ma priorité. » Au RAC Lutte, qui compte près de 200 adhérents, sa progression à l’Insep sera suivie avec attention. Elle reste bien sûr licenciée du club. Et si la suite lui sourit, Maëlisse a déjà fixé son prochain objectif : les Championnats d’Europe.