La vie en rose
Lorsqu’il rejoint le Stade français en 2019, après les sélections départementales du 92, la vie n’est pas toujours en rose. « Cédric Legrand, qui coachait la sélection, m’a proposé de venir faire des tests en U15. Ensuite, on nous demandait beaucoup plus. Je n’étais pas vraiment prêt, mais Cédric m’a poussé », poursuit-il. La vie de l’adolescent se transforme : école le matin, entraînement l’après-midi, match le week-end. Une immersion totale. « On était ensemble tous les jours : on devient vite une famille ! ».
Il garde la liberté
S’il vit aujourd’hui à Saint-Germain-en-Laye, Rueil demeure son ancrage. Sa famille y réside toujours et Thibault revient au stade du Parc dès qu’il le peut. Il y donne aussi un coup de main à son ancien éducateur, « Doudou », auprès des U16. « Je viens un mercredi ou deux par mois pour aider les demis de mêlée (les 9) et les ouvreurs (les 10) », explique-t-il. Du RAC, il garde un principe fondamental : la liberté. « Je jouais à l’instinct. Si j’avais envie de taper un coup de pied par-dessus, je le faisais. Plus tu montes, plus il y a un plan de jeu. Mais Rueil m’a appris à ne pas me prendre la tête. » Il se souvient aussi de ses éducateurs – Gauthier, « Doudou » évidemment et Walid – qu’il croise encore parfois…
Y croire à fond
Aujourd’hui son objectif est clair : s’imposer durablement au Stade français. « Je ne me mets pas de limites. Je veux jouer tous les matchs ! » Et quand on lui demande ce qu’il dirait à un jeune qui rêve du même chemin, il répond sans détour : « Il faut y croire à fond. Si tu n’y crois pas, personne ne le fera pour toi. » Dans sa voix résonne encore l’accent du RAC Rugby : un mélange d’instinct, de simplicité… et déjà beaucoup d’avenir.
Maëlys de Champs, la belle échappée
Sur la pelouse du stade du Parc, il reste des images qui ne s’effacent pas. Parmi elles, celle d’une jeune fille dont les foulées avalaient le terrain, souvent plus vite que les garçons, mais jamais pour les éviter. Aujourd’hui, cette silhouette a changé de décor : Maëlys de Champs porte le maillot de l’équipe de France U18 à 7. Et pourtant, pour elle aussi, tout a commencé par hasard.
Un choix anodin
« Je venais juste accompagner mon frère pour son inscription au RAC. Finalement, on s’est inscrits tous les deux. ». À 17 ans, Maëlys raconte ce début avec un sourire qui laisse deviner la simplicité de l’instant. Un choix presque anodin qui, cinq ans plus tard, l’a menée jusqu’à une finale européenne. « Ma première sélection, c’était pendant le championnat d’Europe, début juillet 2025. On a chanté La Marseillaise en finale… un moment incroyable. ». Sa voix porte encore cette vibration particulière, celle qui naît quand un rêve se réalise plus vite que prévu.
Parfois, j’étais la seule…
La jeune Rueilloise de Plaine-Gare fait ses premiers pas en U12 dans un univers qui n’est pas encore taillé pour elle. « Quand je suis arrivée, on n’était que deux filles. Parfois, j’étais la seule… Mais je m’entendais bien avec les garçons ! Ça m’a appris à m’imposer, à grandir… », indique-t-elle. Année après année, elle se fait une place, d’abord au RAC, puis dans les sélections régionales. Le terrain devient son espace, sa respiration, son terrain de jeu… et bientôt son tremplin.
Le maillot bleu
Le passage par le sport-études de Massy change tout. Les entraînements se multiplient, le rythme s’intensifie, les rassemblements se succèdent. Jusqu’au maillot bleu. « Le haut niveau, c’est un autre monde. Sept entraînements par semaine, du cardio, beaucoup de rigueur. Je fais attention à tout : sommeil, alimentation, récup’. ». Elle le raconte sans plainte, presque avec gratitude. Comme si cette exigence faisait partie d’elle depuis toujours.
Le RAC, ma deuxième famille
Si sa trajectoire l’emmène loin, Maëlys garde les deux pieds plantés dans ses racines. « Le RAC m’a transmis le goût de se donner à fond tout en prenant du plaisir. C’est ma deuxième famille. ». Elle revient souvent au stade du Parc, pour saluer les coachs, encourager les jeunes et revoir d’anciennes coéquipières. Le rugby féminin, lui, poursuit sa mue. « On commence à être diffusées, certaines sont rémunérées. J’espère que ça va continuer. ».
Et à celles qui espèrent imiter son parcours, elle glisse un conseil simple : « Ne lâchez rien. Jouez, osez, prenez du plaisir ! ». Ce qu’elle aime dans ce sport, c’est le combat, la réflexion, la solidarité. Autant de mots qui, à Rueil, ont toujours eu du sens. Et si l’avenir de Maëlys s’écrit en bleu, il porte aussi un peu de jaune, celui du club où tout a commencé…
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