Finances : Le budget 2026 : Équilibre, investissements et stabilité fiscale

Le 20 avril dernier, le conseil municipal a adopté le budget de la Ville pour l’exercice 2026. Élaboré dans un contexte national toujours marqué par de fortes contraintes pesant sur les
mairies, il affirme néanmoins des choix clairs et assumés : préserver la qualité des services publics, poursuivre les investissements structurants et garantir la stabilité fiscale, sans augmentation des taux communaux.
Décryptage. ▶ Anna-Maria Conté

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D’ habitude, le maire souhaite que le budget soit adopté en décembre, avant le début de l’exercice concerné. En 2026, le choix d’un vote au mois d’avril répond toutefois à une double logique. D’une part, il s’agissait de permettre à la nouvelle équipe municipale, issue des élections du 22 mars, de s’approprier le sujet, d’en comprendre les arbitrages et d’en assumer la mise en œuvre. D’autre part, ce calendrier respecte le cadre légal, qui impose aux communes de disposer d’un budget voté au plus tard le 30 avril. « Je tiens à féliciter les équipes de la direction des Finances pour le travail considérable mené en amont : c’est grâce à elles que nous pouvons boucler notre budget dans les délais. J’en profite également pour remercier tous les agents de la Ville qui ont su garantir la continuité des services publics malgré les mesures d’économie mises en place », a indiqué le maire lors du conseil.

Des règles strictes

Le budget de la Ville est l’acte fondamental de la politique municipale car il sert à prévoir comment l’argent public sera utilisé tout au long de l’année. Il permet de décider quelles actions seront menées, quels services seront maintenus et quels projets verront le jour. Proposé par le maire, il est voté par les élus municipaux, puis contrôlé par les services de l’État. Pour bien le comprendre, il faut savoir qu’il obéit à des règles strictes.

En effet, contrairement à l’État, une commune doit obligatoirement voter un budget en équilibre. Concrètement, cela signifie qu’elle ne peut pas dépenser plus qu’elle ne perçoit : chaque euro de dépense doit être financé par une recette correspondante. Le budget est ainsi divisé en deux sections distinctes. La première, « le fonctionnement », concerne la vie quotidienne de la Ville (ressources humaines, écoles, sécurité, sport…). La seconde, « l’investissement », finance les grands projets et les équipements. Attention : le recours à l’emprunt est strictement réservé à cette dernière catégorie !

Le fonctionnement : À quoi ca sert ?


La section de fonctionnement regroupe les dépenses nécessaires au fonctionnement quotidien des services municipaux. Elle comprend notamment les charges courantes, les frais de personnel, les subventions versées aux associations et à divers organismes (CCAS, brigade de sapeurs-pompiers, etc.), ainsi que le remboursement des intérêts de la dette et les mécanismes de péréquation .
Ces dépenses sont financées par plusieurs sources : la fiscalité locale , aujourd’hui limitée à la taxe foncière depuis la suppression de la taxe d’habitation, les recettes tirées de l’activité des services municipaux, l’attribution de compensation versée par la Métropole du Grand Paris, ainsi que les subventions reçues du Conseil régional, du Conseil départemental et de la Métropole.

« Les communes sont aujourd’hui confrontées à une équation de plus en plus complexe : maîtriser leurs dépenses tout en continuant d’offrir des
services publics de qualité et en investissant pour rester attractives », explique le maire.

« Pour l’élaboration du budget 2026, comme l’an dernier, nous avons dû composer avec deux contraintes majeures : la disparition totale de la dotation globale de fonctionnement (DGF), la principale aide financière de l’État aux communes, et l’augmentation exponentielle de la péréquation (la participation pour les communes moins favorisées), versée à l’État, dont la contribution atteint aujourd’hui 18,6 millions d’euros, soit plus de 10 millions d’euros de plus qu’en 2016, poursuit François Le Clec’h, adjoint au maire aux Finances. À ces éléments s’ajoutent des dépenses difficilement compressibles, comme l’augmentation du prix de certaines matières premières et la masse salariale, contenue à 94 millions d’euros (soit 42 % des dépenses réelles de fonctionnement) : c’est considérable ! Ce niveau reste stable par rapport à 2025 malgré la hausse des cotisations retraite (+ 1,5 million d’euros) et le “glissement vieillesse technicité” (GVT), qui correspond à l’évolution automatique des carrières des agents. À elles seules, ces mesures représentent un coût supplémentaire de 1,4 million d’euros! »

Le Programme d’investissements


En ce qui concerne la section d’investissement, les recettes proviennent des cessions de biens, de l’autofinancement, du fonds de compensation pour la TVA, des subventions, des emprunts et de la taxe d’aménagement payée par les constructeurs. Les dépenses sont réparties entre opérations financières et opérations d’équipement. Ces dernières, d’un montant de 36,6 millions d’euros, sont réparties autour de plusieurs priorités. La première enveloppe, la plus importante, concerne les travaux d’entretien et de rénovation du patrimoine communal, pour un montant total de 17,8 millions
d’euros. Cet effort porte à la fois sur : des opérations de gros entretien et de renouvellement, incluant notamment le remplacement de systèmes de chauffage, la mise en accessibilité des bâtiments et un programme général de maintenance du patrimoine.

Impôts locaux : + 0 % d’augmentation du taux de la taxe foncière

En 2026, la Ville de Rueil‑Malmaison n’augmente pas ses taux communaux. Malgré une revalorisation nationale des bases de +0,8 %, la part communale reste inchangée. La Ville demeure la 9e aux taux les plus bas des Hauts‑de‑Seine.

spécifiques, telles que la rénovation énergétique de l’ESAT du Château ou encore des aménagements de locaux municipaux ; des rénovations
ciblées, notamment dans les bâtiments scolaires (création d’une classe à l’école Robespierre), sportifs (rénovation de la piscine des Closeaux) et
culturels (rénovation intérieure du conservatoire). « Rien que les projets liés à la voirie représentent 6,8 millions d’euros. Ils se concentrent principalement sur l’entretien des voies existantes et l’enfouissement des réseaux, complétés par des opérations ponctuelles comme le renouvellement de l’éclairage public en LED et la réfection de trottoirs et de chaussées », précise le maire. Parmi les autres dépenses d’équipement, le budget 2026 permet des acquisitions foncières afin d’anticiper les besoins futurs de la commune (5 millions d’euros), la création et l’entretien des espaces verts (2,8 millions d’euros) et des études indispensables à la préparation des projets (1,7 million d’euros).

Je souligne que, malgré un contexte d’incertitudes économiques, sociales et financières, nous avons adopté un budget équilibré sans augmenter la taxe foncière, seul levier fiscal encore à notre disposition, conclut le maire. Certains auraient voulu l’augmenter, mais je considère que c’est injuste de faire payer à 41 % des Rueillois – parce qu’ils sont soumis à la taxe foncière – les charges de tous les habitants.