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Ils étaient tous présents : le maire, les élus, une soixantaine de membres des Amis de la Maison Giquel, des représentants de la Société historique et ceux du conseil de village Bords de Seine. Et la fête fut belle, animée par des danses en costumes d’époque et couronnée par un magnifique gâteau reproduisant la maison elle même.
C’est cette atmosphère qu’elle a voulu évoquer Sylvie Halipré, présidente de l’association des Amis de la Maison Giquel : « À la fin du XIXe siècle, les dimanches avaient un parfum particulier. Le train quittant la gare Saint Lazare déversait à Rueil son flot de Parisiens venus chercher l’air libre. En bas des marches, ils montaient dans des calèches ou rejoignaient à pied les guinguettes installées le long du fleuve : Fournaise, La Grenouillère… et bien sûr, le restaurant Giquel, haut lieu de danse et de plaisirs nautiques ». L’histoire démarre en 1875, lors que le marchand de vins François Scholtes s’installé sur ce site en bord de Seine afin de profiter du transport fluvial et d’échapper à l’octroi parisien. En 1881, son employé Adolphe Giquel, originaire de Bretagne, épouse sa fille et reprend l’affaire.
Il transforme progressivement le commerce en une guinguette renommée. L’établissement devient le restaurant hôtel Aux Tilleuls, connu pour sa friture fraîche et ses bals dominicaux. La famille développe ensuite une importante activité nautique : location de barques, construction navale, puis un vaste garage à bateaux capable d’en accueillir plus de cent ! L’endroit attire artistes et célébrités, dont Mistinguett, et contribue à forger la réputation festive des lieux, alors surnommés « Rueil Plage », tant l’esprit balnéaire des berges rivalise avec certaines stations maritimes.
À Rueil, le grand garage à bateaux ferme autour de 1935, puis l’évolution des loisirs et l’industrialisation des berges entraînent la fermeture du restaurant en 1951 et la vente des terrains en 1952. La mort d’Henri Giquel en 1962 marque la disparition définitive de l’établissement. Sur les 14 000 m² d’origine, il ne subsiste presque plus rien. Les derniers terrains sont vendus en 1985 et seuls demeurent quelques vestiges.
« Si la Maison Giquel existe encore, c’est grâce à notre ténacité ! », a rappelé le maire lors de la fête. Il est vrai que la sauvegarde du site a représenté un véritable défi. Dans les années 1990, plusieurs projets de réhabilitation avaient émergé sans jamais aboutir, faute de conditions administratives et financières favorables. Un tournant décisif survient en 2003, lorsque le terrain comprenant la Maison Daubigny est vendu à ICADE. Le maire de l’époque, Jacques Baumel, obtient alors la promesse d’un transfert du bâtiment à la Ville, en échange d’un complément de constructibilité.
Les démarches s’étendent sur plusieurs années, mais finissent par aboutir : en 2017, la Ville acquiert enfin la Maison Daubigny pour un euro symbolique. « C’est à partir de là que nous avons pu engager les travaux de restauration, réunissant les deux maisons pour redonner vie à ce lieu culturel et festif, inauguré en avril 2019 », a conclu le maire. À nous d’ajouter que si ce site connaît aujourd’hui une nouvelle vie c’est grâce aux Amis de la Maison Giquel. Ils proposent des guinguettes, des déjeuners, des après-midis dansants et des moments de convivialité… Allez-y, ils vous attendent…