Sur les traces des anciennes fortifications de Rueil

Durant près de deux siècles, ce qui s’appelait alors « Ruel » était entouré d’un mur d’enceinte qui délimitait le bourg et accueillait un chemin de ronde. Où se situaient ces fortifications aujourd’hui disparues ?

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Après avoir été dévasté durant la guerre de Cent Ans, le petit bourg de « Ruel » redevient prospère sous le règne d’Henri IV (1589-1610). Les habitants vivent alors quasi exclusivement des produits du sol, particulièrement de la vigne, plantée depuis l’an 1100. C’est ce roi de France qui ordonne la fortification de Ruel. Le plan de la ville en 1595 affiche le tracé de ce long mur circulaire épais de 37 pouces (1,09 m), jalonné d’une trentaine de tourelles et doublé d’un chemin de ronde intérieur – appelé « tour de ville » – large de 6 pieds (1,94 m).

SIX PORTES ORIENTÉES DANS TOUTES LES DIRECTIONS

L’enceinte emprunte les actuelles voies suivantes : boulevard du Maréchal-Joffre, boulevard du Général-de-Gaulle, rue Messire-Aubin, rue Girouix, boulevard Solférino et boulevard de l’Hôpital-Stell. Elle est aussi percée de six portes : au nord, la porte de Maurepas (ou de Saint-Germain) ; à l’est, la porte du Guay (ou de Paris) et la porte de Suresnes ; au sud, la porte de Saint-Cloud (ou du Château) et la porte des Malepeynes (ou de Versailles) ; à l’ouest, la porte de la Chaussée-de-Marly. Si l’agglomération principale se concentre à l’intérieur de cette enceinte, on trouve également quelques maisons près du pont de Chatou et rue des Bois (l’actuelle avenue des Chateaupieds), ainsi qu’un hameau dans le bois de la Jonchère et douze foyers à Buzenval. La muraille de Ruel sera détruite vers 1760… sans laisser de traces de nos jours.

HISTOIRES DE NOMS

Les voies d’aujourd’hui dans lesquelles prenait place autrefois l’enceinte fortifiée de Ruel ne se sont pas toujours appelées ainsi…

  • Boulevard du Général-de-Gaulle : d’abord Tour de ville, cette voie devient la rue de l’Art militaire en 1680, puis la rue des Ormes en 1817. En 1920, elle prend le nom de Pétain, qui sera remplacé par celui du Général de Gaulle en 1945.
  • Boulevard du Maréchal-Joffre : Tour de ville en 1595 puis rue de l’Art militaire en 1680 et à nouveau rue du Tour-de-ville en 1770, cet axe est appelé boulevard des Sycomores en 1817, avant de prendre son nom actuel en 1919.
  • Boulevard de l’Hôpital-Stell : Tour de ville en 1680 puis rue des Acacias en 1817, ce qui deviendra un boulevard prend le nom de Magenta en 1859 avant d’être désigné, en 1934, par le centre hospitalier qu’il dessert.
  • Boulevard Solférino : s’il porte ce nom depuis 1859, il fut aussi rue du Tourde-ville avant 1680 et rue des Marronniers ensuite. Avant 1680, la rue Haute s’appelait rue de la Chesnaye. D’autres, en revanche, n’ont pas changé de dénomination. C’est le cas de la rue Girouix, qui longeait les fortifications sous le nom de ruelle Girouix, et de la rue Messire-Aubin, qui évoque une personnalité importante de Rueil, messire Aubin Lesne, conseiller du roi et maître ordinaire en sa chambre des comptes de Paris.