Les obligations varient en fonction de l’activité exercée par les établissements et de la diffusion de musique de manière amplifiée.
Obligations des restaurants et des bars
Les restaurants, bars et brasseries doivent respecter les obligations suivantes :
Veiller à ce que les bruits d’activité professionnelle (équipements, vaisselle, ventilation, livraisons) ne génèrent pas une émergence sonore excessive chez les voisins
Contrôler les bruits de comportement (cris, rires, éclats des voix) de la clientèle, notamment en terrasse ou à la sortie de l’établissement. Les responsables doivent notamment organiser les flux de clientèle (sorties, files d’attente, zones fumeurs) pour limiter les nuisances sonores sur la voie publique.
Intervenir pour prévenir ou faire cesser le tapage nocturne provoqué par ses clients
Respecter les arrêtés municipaux ou préfectoraux (horaires de fermeture, conditions d’exploitation des terrasses, fermeture des portes, limitation de la musique en extérieur etc.)
À savoir
Les infractions à ces règles peuvent donner lieu à des sanctions pénales (notamment une contravention de bruits de voisinage ou de tapage injurieux ou nocturne) et des sanctions administratives (mises en demeure, fermeture administrative en cas de troubles graves et répétés).
Obligations des discothèques
Les discothèques et, plus largement, tous les établissements recevant du public et diffusant à titre habituel de la musique amplifiée (bars, cafés, restaurants, salles polyvalents ou salle des fêtes) doivent respecter plusieurs obligations, dont les limites de niveaux sonores, l’étude d’impact des nuisances sonores et isolation.
Ces obligations sont soumises à des contrôles et des inspections qui peuvent intervenir dans les situations suivantes :
Lors d’une demande initiale ou de renouvellement d’autorisation de fermeture tardive
Lors de l’instruction d’une sanction administrative de fermeture temporaire
Dans le cadre d’un plan de santé publique ou d’un programme d’inspection
À la suite de plaintes de riverains ou d’un signal sanitaire d’un usager.
Les obligations à respecter sont les suivantes :
Limites de niveaux sonores
Les discothèques et autres établissements diffusant de la musique doivent respecter plusieurs limites de niveaux sonores.
Protection du voisinage
Tout d’abord, le bruit généré par l’établissement ne doit pas ressortir de manière excessive par rapport au bruit habituel du lieu. L’écart entre le bruit mesuré avec l’activité et le bruit habituel sans elle (appelé émergence sonore) ne doit pas dépasser +5 dB(A) le jour (entre 7h et 22h) et +3 dB(A) la nuit (entre 22h à 7h).
Ces seuils s’appliquent uniquement lorsque le niveau sonore ambiant dépasse 25 dB(A) à l’intérieur d’un logement voisin (ou 30 dB(A) dans les autres cas).
Il existe néanmoins une certaine tolérance. Une marge supplémentaire s’ajoute ainsi aux seuils ci-dessus en fonction de la durée pendant laquelle le bruit est audible :
Marge supplémentaire en fonction de la durée cumulée du bruit
Moins de 1 minute |
+6 dB(A) |
De 1 à 5 minutes |
+5 dB(A) |
De 5 à 20 minutes |
+4 dB(A) |
De 20 minutes à 2 heures |
+3 dB(A) |
De 2 à 4 heures |
+2 dB(A) |
De 4 à 8 heures |
+1 dB(A) |
Protection du public à l’intérieur de l’établissement
Ensuite, l’ensemble des bruits auxquels le public est exposé (sons amplifiés, bruit du public, climatisation, etc.) ne doit jamais dépasser les niveaux de pression acoustique continus équivalents à :
Étude d’impact des nuisances sonores et isolation
L’exploitant de l’établissement doit réaliser une étude d’impact des nuisances sonores, comportant notamment :
Une étude acoustique des niveaux de pression acoustique à l’intérieur et à l’extérieur du local
La détermination des travaux d’isolation nécessaires
La description des dispositions prises pour limiter le niveau sonore aux valeurs réglementaires.
Cette étude doit être mise à jour en cas de modification des aménagements des locaux, de modification des activités, ou de modification du système de diffusion sonore, s’ils ne sont pas prévus par l’étude initiale.
L’exploitant doit présenter l’étude en cas de contrôle.
À noter
L’exploitant peut être puni d’une amende de 1 500 € s’il n’est pas en mesure de présenter l’étude en cas de contrôle. De même, l’exploitant peut être puni d’une amende du même montant s’il ne présente pas une attestation de vérification du ou des limiteurs lorsque leur pose est exigée par l’étude.
L’exploitant de l’établissement doit également respecter des prescriptions d’isolation des locaux, notamment lorsqu’ils sont situés dans des immeubles d’habitation, afin de ne pas dépasser les valeurs maximales d’émergence fixées par la réglementation.
Limitateur de pression acoustique
Le limitateur de pression acoustique est un dispositif électronique qui s’installe sur le système de sonorisation d’un établissement. Il détecte en temps réel le niveau sonore émis et bloque automatiquement toute diffusion qui dépasserait un seuil préalablement fixé, empêchant ainsi toute surexposition sonore du public.
Ce dispositif est obligatoire dans tous les établissements recevant du public (ERP) qui diffusent de la musique amplifiée à titre habituel.
Il doit être installé et réglé par un professionnel agréé, de façon à ne pas pouvoir être contourné ou modifié par l’exploitant. Les paramètres de réglage doivent être consignés dans un document tenu à la disposition des agents de contrôle.
Enregistrement, affichage, protections auditives, zones de repos
L’exploitant de l’établissement doit également :
Enregistrer en continu les niveaux sonores en dB(A) et dB(C) auxquels le public est exposé et conserver ces enregistrements
Afficher en continu, à proximité du système de contrôle de la sonorisation, les niveaux sonores en dB(A) et dB(C)
Informer le public sur les risques auditifs (messages du type : s’éloigner des enceintes, faire des pauses, porter des protections auditives)
Mettre gratuitement à disposition du public des protections auditives individuelles adaptées (bouchons, casques)
Créer des zones de repos auditif ou organiser des périodes de repos auditif où le niveau sonore est significativement réduit.