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Après l’ouverture de la gare de Rueil en 1844, les alentours se développent rapidement.
Dès les années 1920, le quartier voit fleurir de nouvelles habitations qui accroissent sa population. Les enfants doivent cependant se rendre dans le centre-ville pour aller à l’école, place de l’Église pour les garçons, place de la Réunion (actuelle place Jean-Jaurès) pour les filles.
Ces établissements sont rapidement surchargés : l’urbanisation croissante du secteur situé entre l’avenue Paul-Doumer et la ligne de chemin de fer (dans l’actuel village Plaine-Gare) rend nécessaire la création d’une école. M. et Mme Tuck-Stell, de riches et généreux Américains qui habitent Paris mais qui possèdent à Rueil une magnifique propriété de campagne (Vert-Mont, près du château de Malmaison) sont toujours prêts à aider les Rueillois. Au point qu’en 1929, ils achètent un terrain de plus d’un hectare (11 074 m²) dont ils font don à la commune en vue de la création d’une école. La construction de cet équipement de conception novatrice est confiée à l’architecte de la Ville, M. François, et débute en 1931.
Le 23 septembre 1934 a lieu l’inauguration officielle. Le maire de l’époque, M. Montagne, a lancé de nombreuses invitations : le député, le conseiller général et les maires du canton, le conservateur du château de Malmaison, l’architecte bien sûr, des enseignants et jusqu’au ministre de l’Éducation nationale !
Les festivités commencent par un long cortège qui s’ébranle à 10h45 de l’hôtel de ville (l’ancien) pour rejoindre le groupe scolaire, alors au milieu des champs et des vergers. Le maire ouvre la marche, aux côtés du représentant du ministre et du conservateur. Très âgé, Edward Tuck s’est fait représenter par son secrétaire privé. Suivent l’architecte, les membres du conseil municipal, les enseignants… Dans son discours, le représentant du ministre rend hommage à l’architecture de l’équipement, qui allie confort, élégance simple et bon goût, et ne manque pas de saluer la générosité des époux Tuck-Stell. « C’est une maison du peuple », déclare ensuite le maire, avant de prôner « un corps sain et vigoureux, une intelligence vive et cultivée, une volonté forte et persévérante » pour bien faire sa vie d’homme. Un grand banquet vient clore cette belle journée de septembre.
Tuck-Stell est la quatrième école laïque érigée à Rueil. Elle est dirigée par M. et Mme Marin, avec également Mlle Bordmann, la directrice de la maternelle. Mais l’urbanisation du quartier se poursuit : en 1930, on y dénombre 4 024 habitants. Alors qu’il ne devait compter que trois classes de garçons, filles et maternelle, le groupe scolaire en comprendra le double. Les deux bâtiments scolaires pour garçons et filles sont reliés entre eux par une structure réservée aux enseignants (appartements, bureaux, concierge…), avec deux grandes salles symétriques dont les sols sont décorés en mosaïque des armes de Rueil. Sur la façade de l’école, le changement avec les anciens établissements scolaires est visible : finies les fenêtres hautes et étroites, celles de Tuck-Stell sont certes en hauteur mais surtout tout en longueur. L’air et le soleil doivent entrer dans les classes. L’intérieur reflète la même préoccupation « hygiéniste » : les matériaux sont simples, faciles à entretenir, durables et ludiques. Les larges couloirs carrelés et bien éclairés permettent aux élèves de déambuler sans encombre. La maternelle est décorée de jouets d’époque et dotée d’une minuscule fontaine pour le lavage des mains. Un modèle de bien-être pour les élèves et leurs enseignants… D’ailleurs elle ne sera rénovée qu’en 2010.