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Né en 1880 à Segré, dans le Maine-etLoire, d’une famille de fonctionnaires, Léon Vannier débute de brillantes études de médecine à Angers, servi par sa puissance de travail et son esprit curieux. En 1899, il devance l’appel et s’engage au 6e régiment du génie, d’abord comme infirmier puis comme médecin auxiliaire à Albertville, dans les Alpes. Il poursuivra ses études à Paris, où il deviendra interne provisoire des Hôpitaux. Sa rencontre avec un homéopathe anglais, le Dr Barlee, marque à jamais la trajectoire de cet être souffreteux, sensible mais volontaire et surtout passionné par la médecine. Il testera sur lui-même la thérapie homéopathique et parviendra à endiguer sa tuberculose naissante.
Léon Vannier s’installe à Paris en 1905. En plus du suivi de ses nombreux patients – plus de 30 000 en quelques décennies, avec des cahiers de consultation très documentés qui feront le bonheur des historiens de la médecine –, il prend de multiples initiatives, tant pour répondre aux besoins des patients que pour transmettre ses convictions et diffuser des observations. Ainsi fonde-t-il à Paris deux cliniques : rue d’Alésia (14e arrondissement) et rue des Moines (17e arrondissement) en 1906, ainsi qu’un dispensaire en 1907. En 1912, il lance L’Homéopathie française, une revue mensuelle de diffusion médicale.
Au début de la Grande Guerre, ne pouvant être incorporé pour service actif en raison de sa santé fragile, il fonde un hôpital auxiliaire au monastère
du Mesnil-Saint-Denis, dans les Yvelines, qui ne fermera qu’en 1919. Fait notable : alors que la grippe espagnole sévit en 1918, aucun mort parmi
ses malades ! En 1918, le docteur Vannier s’installe au hameau de la Jonchère C’est dans sa résidence rueilloise qu’il expérimente ses appareils destinés, d’une part, à fabriquer des doses infinitésimales et, d’autre part, à photographier les yeux des patients afin d’y déceler d’anciennes
pathologies et ainsi identifier leurs dispositions morbides. C’est là aussi qu’entre deux conférences, il rédige les ouvrages qui paraîtront tout au long des années 1920 et 1930, dont un livre sur l’iriscopie et l’irigraphie et un précis de thérapeutique homéopathique. À partir de 1911, Léon Vannier fait fabriquer des médicaments homéopathiques par un ami pharmacien dans sa Pharmacie générale homéopathique française du 68 boulevard Malesherbes. Et ce jusqu’en 1927, lorsque, comprenant la nécessité de produire les pilules homéopathiques de façon industrielle – en toute sécurité et avec une parfaite reproductibilité –, il initie la création des Laboratoires homéopathiques de France (LHF).
L’homéopathie connaît alors un véritable essor, avec notamment l’ouverture du dispensaire Hahnemann en 1931, qui propose des prestations
gratuites, et celle du Centre homéopathique de France (CHF), première école d’homéopathie française. Le premier Congrès national de l’homéopathie, qui se tient en 1935 à l’instigation du docteur Vannier, offre à la France une place internationale dans cette discipline. Après la Seconde Guerre mondiale, qui les a suspendues en partie, le médecin rueillois relance ses activités. En 1950, il fonde la Maison de l’homéopathie, un centre d’accueil pour les adeptes ou simples curieux de cette discipline. Fait chevalier puis officier de la Légion d’honneur en 1956, Léon Vannier décède à Quiberon en 1963. Inhumé au cimetière ancien de Rueil-Malmaison, il laisse le souvenir d’un docteur dévoué à ses patients, d’un médecin pédagogue et d’une personnalité charismatique.