- Votre Mairie
- Services à la population
- Sports, Culture & Loisirs
- Votre Ville
Publié le
Cette belle histoire débute par un drame. Le 3 juin 1861, Édouard Rodriguez, riche mécène et conseiller municipal de Rueil (1850-1870), perd son épouse Sophie. Le couple, très épris, était propriétaire du beau domaine de BoisPréau.
Très affecté, M. Rodriguez souhaite « conserver la mémoire de [sa] chère et sainte femme et perpétuer le souvenir de tout le bien qu’elle a fait sur cette terre ». Aussi fait-il don à la Ville de 22 berceaux pour la création d’une crèche.
Dès le 30 juin, la proposition de M. Rodriguez est discutée en conseil municipal… et acceptée. À l’époque, Rueil ne dispose d’aucune structure permettant d’accueillir les jeunes enfants des parents qui travaillent, contrairement à Paris où une première crèche y a été ouverte en 1844 grâce à Félicien Marbeau, adjoint au maire du 1er arrondissement.
Le maire de Rueil écrit au préfet en août 1861, soutenant le projet en ces termes : « Cette création, qui est d’une utilité incontestable pour les malheureux ouvriers de la localité, est due à la généreuse initiative de M. Rodriguez, qui fait les premiers frais et qui prend l’engagement de subvenir à toutes les dépenses de cet établissement pendant dix ans. »
La crèche dite « Sophie-Rodriguez » accueille ses premiers enfants en 1863. C’est une petite révolution pour le village encore semi-rural, qui compte quelque 6 070 habitants. Situé au 5 avenue des Tilleuls (l’actuel boulevard Foch), l’établissement est dirigé par sœur Guillaume de l’ordre de la Sainte Enfance et sera béni par le vicaire de Rueil, l’abbé Perrichon, le 24 mai 1868. Disposant de 23 berceaux et 20 lits pour les plus âgés, la crèche est ouverte de 7h à 19h les jours de semaine. Elle est fermée le week-end et durant trois semaines en août. Le tarif journalier est abordable pour les familles. Mais qui apporte le lait pour les biberons et qui lave les couches, en tissu à cette époque ?
La structure traverse le siècle. En 1971, Jacques Baumel, fraîchement élu maire de Rueil-Malmaison, découvre que le bâtiment qu’on qualifie de « hangar » à l’arrière de l’ancienne mairie abrite une crèche de 25 berceaux. La seule de la ville depuis 1863 ! Il décide de multiplier les capacités d’accueil de la petite enfance pour faciliter la vie des jeunes parents.
Entre 1971 et 2000, la Ville se dote ainsi d’une trentaine de crèches collectives ou familiales et d’une halte-garderie. Elle intègre même, en 1977, le pouponnat de la Fondation CognacJay, qui est toujours une crèche municipale de 70 berceaux. Des chiffres qui, à eux seuls, illustrent la volonté « historique » de la municipalité d’être au service de la petite enfance. D’ailleurs, deux autres structures ont été ouvertes par Patrick Ollier, maire depuis 2004 : la crèche Jean-Marie-Toutain en 2009 et la crèche de l’Orange bleue en 2014.