La Poste d’hier à aujourd’hui

Alors que le projet de requalification de l’îlot de la Poste (situé en centre-ville, à proximité du cinéma Ariel), avance à grands pas, avec le maintien de sa façade historique, nous vous proposons de
replonger dans les grandes étapes de l’histoire des communications à Rueil. Des premiers messagers à
pied jusqu’au central téléphonique, le service postal a connu de profondes évolutions, suivant le rythme des innovations, ici comme partout en France.

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Remontons jusqu’en 875. À cette date, Charles le Chauve donne Rueil, « villa royale », à l’abbaye de Saint-Denis, qui dispose de diverses possessions. Pour assurer le contact entre ces territoires, les ecclésiastiques lancent la « Poste des moines ». Les transmissions s’effectuent alors à pied. Plusieurs siècles plus tard, vers 1476, Louis XI crée la « Poste aux chevaux ». Les « bureaux de poste » sont des auberges placées sous la direction du « maître de poste », en général l’aubergiste. La « Poste aux lettres » verra ensuite le jour, sous la forme d’une entreprise privée.
Au XVIIIe siècle, les bureaux sont peu nombreux dans notre secteur : Chatou, Saint-Cloud et Saint-Germain-en-Laye, tous en rapport avec celui de Paris. Mais après la création de la caserne en 1756, Rueil se développe pour devenir, en 1780, un important village muré et pavé, dont la population compte 564 feux. Durant cette période est créée la « petite Poste » (en 1759), qui sera réunie avec la Poste royale en 1781. Le 1er octobre 1783, le bureau de direction de la « grande Poste » est ouvert sous le nom de « Ruel » – le même jour que ceux de Bonnelles et Marly-le-Roi, à un emplacement central dans le village.

DES AGENTS DANS LES TRAINS

Sous le Consulat, l’Administration est réorganisée. Des « messagers d’arrondissement » sont chargés de relier toutes les communes au chef-lieu d’arrondissement. Ce service disparaîtra en 1830. Le Premier Consul résidant à Malmaison, quatre chevaux et deux postillons se tiennent toujours prêts au château pour acheminer ses courriers. Des « estafettes » sont mises en place en 1805 pour assurer un service plus rapide. Le 1er février 1831, un bureau de distribution relevant de Nanterre est ouvert à Rueil, rue de Marly (l’actuelle rue Jean-Le-Coz), avant d’être remplacé par une direction des
Postes rue de Suresnes (l’actuelle rue de la Libération). Avec la modernisation des moyens de transport, l’Administration décide d’installer des agents dans les trains, dans un compartiment réservé. Ils sont chargés de transporter, remettre et relever le courrier dans chaque station, dont celle de la gare de Rueil. Des boîtes aux lettres sont également embarquées dans les tramways qui desservent les communes de la ligne Paris – Saint-Germain.

LA NOUVELLE POSTE

C’est alors qu’apparaît le télégraphe. En 1871, un bureau dédié à ce nouveau moyen de communication est aménagé à Rueil. Le décret du 27 février
1878 fusionnera ensuite la poste et le télégraphe. Puis le téléphone sera installé dans la commune en 1890 avec, pour commencer, un unique abonné !
Un bureau réunissant la Poste, le télégraphe et le téléphone ouvre le 1er janvier 1902 à l’angle du boulevard et de la rue des Sycomores. Un lieu que la croissance de la population et l’essor de l’activité économique rendent très vite sous-dimensionné. Le 14 mars 1909, le Conseil municipal délibère sur l’emplacement de la construction d’un nouvel hôtel des Postes. Le projet retenu par l’Administration se situe au 31 avenue de Paris (l’actuelle avenue Paul-Doumer). Idéalement situé en face de la station de tramway « Rueil-ville », il dispose d’une surface de 600 m², dont un jardin de 300 m² permettant un agrandissement futur. L nouvelle Poste entre en fonction le 1er juin 1910, avec un receveur et cinq facteurs assurant cinq levées et quatre distributions quotidiennes, y compris les dimanches et jours fériés. En 1929, le développement du téléphone nécessite l’installation d’un « multiple » et la construction d’un nouveau bâtiment rue Bequet, qui sera livré à la fin de l’année suivante. Le central téléphonique est toutefois transféré en 1957 et le bureau agrandi en 1984. Il fonctionnera jusqu’au 23 novembre 2008, date de l’inauguration de la nouvelle poste « Rueil-Jaurès », place Jean-Jaurès. Au fil des années, pour accompagner l’essor de la ville, des bureaux auxiliaires ont ouvert dans tous les quartiers. Aujourd’hui, la tendance s’inverse : le groupe La Poste ferme progressivement ses antennes pour les remplacer par des relais commerçants censés maintenir les services de proximité.